Hype

Pourquoi Hype quitte la filière Mobilité Hydrogène Légère en Ile-de-France

Depuis 2015, en pionnier, nous avons résolument développé la mobilité hydrogène

Notre vision et nos objectifs ont toujours été transparents :

  1. L’hydrogène, à la condition expresse qu’il soit rapidement et résolument vert, fait partie, en complément de la batterie, des solutions nécessaires pour dépolluer et décarboner rapidement et massivement les mobilités motorisées.
  2. La mobilité légère, et en particulier le taxi, peut permettre de sécuriser et d’accélérer l’émergence et la montée en puissance de la filière hydrogène vert, en préparant l’arrivée de la mobilité lourde et en en faisant bénéficier l’industrie.

10 ans plus tard, notre vision est toujours la même, mais force est de constater que l’hydrogène gris et son alibi l’hydrogène bleu ont gagné cette manche en Ile-de-France, et qu’il faut en tirer clairement les conséquences.

Depuis 2021, le prix de l’hydrogène a explosé en Ile-de-France

A son lancement en 2015, Hype payait 12€ HT/ kg l’hydrogène (non vert) distribué à la première station située place de l’Alma ; ce prix a ensuite baissé progressivement jusqu’à 9 € HT/ kg en 2021, en lien avec le déploiement des premières stations franciliennes.

En 2025, après tous les discours, les plans nationaux, les subventions européennes, nationales et régionales massives, les JOP de Paris 2024, la dizaine de stations déployées en Ile-de-France, avec une capacité de distribution multipliée par 200, le plus gros client et de loin que nous sommes, paie en Ile-de-France son hydrogène (non vert) entre 16 et 18 € HT/ kg, soit 19,2 € et 21,6 € TTC/ kg, prix affichés à la pompe.

C’est :

– 2 fois plus cher qu’en 2021, année de l’entrée de TotalEnergies aux côtés d’Air Liquide dans HysetCo ;

– 2 fois plus cher que l’hydrogène, garanti vert, fourni à Bruxelles par DATS 24 (9,99 € TTC/ kg) ;

– 5 fois plus cher que le coût équivalent pour le même kilométrage d’une recharge rapide avec de l’électricité verte fournie par Electra (0,29 € TTC / kwh).

Pourquoi cette inversion de tendance qui signe un échec en Ile-de-France ?

Peut-être est-ce l’intérêt de ceux qui contrôlent aujourd’hui dans les faits les réseaux de distribution franciliens ?

Air Liquide et TotalÉnergies ont en effet réussi à constituer en Ile-de-France une forme d’oligopole, via différentes entités juridiques telles que la « startup » HysetCo, le fonds Hy24 et la joint-venture TEAL (cf infographie capitalistique), entités juridiquement indépendantes, dont ces groupes sont administrateurs, actionnaires ou investisseurs minoritaires.

En parallèle ces grands groupes annoncent des projets d’investissements colossaux dans l’hydrogène vert, mais lointains et sans engagement de calendrier.

En tout état de cause, le niveau actuel des prix bloque le développement des mobilités à hydrogène, par ailleurs insuffisamment accompagnées.

Pourquoi maintenant, qu’est-ce qui a changé ?

Hype a toujours assumé d’essuyer les plâtres et de se développer dans des environnements concurrentiels complexes. Mais concrètement, pour produire à court terme de l’hydrogène vert, il faut des électrolyseurs, et le seul fabricant français était McPhy : or ce qui est train de se passer avec McPhy dissuade de maintenir sa confiance dans la filière hydrogène française.

En se plaçant subitement en redressement judiciaire, McPhy a pris tout le monde de court, et particulièrement ses clients.

Il semble que McPhy dispose de dizaines de millions d’euros de trésorerie et de subventions à recevoir.

Les pouvoirs publics qui attribuent ces subventions et siègent à son conseil d’administration à travers la BPI et EDF feront-ils le nécessaire pour que les engagements de McPhy vis à vis de ses clients, au cœur de la filière hydrogène vert, soient respectés ? Hype est en risque à hauteur de 6 M€ versés à McPhy dans le cadre de 4 projets franciliens.

En dépit de nos demandes, nous n’avons obtenu aucune réponse sur la suite des événements.

Dans ce contexte, Hype n’est plus en mesure de garantir un chemin réaliste vers l’hydrogène vert en Ile-de-France, et nous ne voulons pas risquer de servir de caution à d’éventuelles pratiques de greenwashing sur la mobilité hydrogène.

Et donc maintenant concrètement ?

Nous disposons toujours des meilleures équipes et d’un portefeuille d’actifs pertinents dans la mobilité hydrogène 700 bars, et nous constatons que d’autres acteurs dans d’autres pays poursuivent efficacement leur montée en puissance sur l’hydrogène vert ; nous sommes en discussion pour de nouveaux partenariats en France et ailleurs.

Nous essaierons en particulier de poursuivre les projets bus, cars, bennes, tracteurs et véhicules spécialisés, avec des acteurs indépendants et pertinents comme Lhyfe ou B.E. Green, car nous pensons que ce type de mobilités hydrogène reste pertinent en France dans le cadre notamment de projets équilibrés portés par des collectivités locales.

S’agissant des véhicules utilitaires légers à hydrogène, le marché n’offrant pas pour l’instant d’équivalent batterie pour des taxis zéro émission adaptés pour les personnes à mobilité réduite, nous poursuivrons le développement de l’usage de ces véhicules à hydrogène si nous trouvons un partenariat industriel compatible avec la maturité actuelle de ces produits.

Mais, pour le cœur de nos activités, tous nos efforts pour déployer des solutions zéro émission pour les taxis franciliens se porteront dorénavant exclusivement sur le véhicule électrique à batterie.

Nous referons avec le nouveau véhicule et constructeur partenaire que nous sélectionnerons dans le cadre du processus de consultation en cours, ce que nous avons fait dans le passé avec la Toyota Mirai.

Nous déploierons plusieurs centaines de ces nouveaux véhicules dès 2025, avec pour objectif la bascule vers le zéro émission de 100% des 60.000 taxis et VTC franciliens dès que possible et avant 2030.

Partager sur :